mercredi 3 janvier 2018

Hyper-émotivité et le courage invisible

03.01.2018

Je sais pourquoi mon enfant intérieur a si peur de faire ce tri, dans mes affaires. Je sais déjà que je ne garderai pas grand-chose. Mais aussi, je sais la charge émotionnelle des choses que je veux garder : nulle, ou presque. Je suis capable de jeter une boîte de basilic pleine si cette boîte me fait mal au cœur quand je la regarde. C’est que des foutues épices putain.

Ce tas de bordel qu’il y a dans mon couloir, et celui dans mon salon… Ils sont si petits pourtant. Il n’y a déjà plus grand-chose de moi. J’ai déjà éliminé pas mal d’objets. Mais derrière ceux qui restent, ça et là sont disséminées des bombes émotionnelles. Comme ça, bam, t’as rien vu venir, t’avais même oublié. Je suis ici depuis plus d’un mois maintenant, alors que j’avais préparé mon sac pour 4 jours en partant de Troyes. J’ai pas pu. J’arrivai pas. C’était plus fort que moi. J’ai perdu une dizaine de kilos et je suis restée sur ce canapé brûlé à brûler. Il a survécu à ma mère et à tous mes ex, ce canapé. On l’avait acheté après l’incendie de la maison. Juste après que papa soit parti. Il est d’une couleur que j’adore. J’ai pourtant détesté cette couleur à l’époque, et ma colère était trop vive pour qu’elle ai un quelconque rapport avec le canapé. Je voulais pas qu’on prenne celui-là, mais qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Ma mère aime le violet, c’est comme ça. Il comporte le creux des fesses de ma mère, le trou énorme du mégot que mon ex a laissé cramer là, la différence de couleur entre le devant et le derrière due à mes tentures que je remets dessus, toujours, tirées à 4 épingles.

J’ai voulu débarrasser un peu le couloir, placer les trucs potables dans l’espace « à donner », et placer les trucs what the fuck dans l’espace « troc ». J’ai retrouvé ce papier à lettre… Elise m’avait offert ça. Elle me faisait toujours un petit cadeau quand elle me voyait, et c’était toujours quelque chose qui me plaisait. Je me souviens de ça, parce que c’était la seule personne capable de me faire plaisir en m’offrant un truc matériel. Je ne la voyais pas souvent du tout. Je ne sais pas comment elle faisait. Je crois qu’elle s’intéressait tout simplement à moi, en fait. Je crois bien qu’elle et moi, on a discuté. Elle n’était même pas de la famille. Je l’ai toujours vu comme quelqu’un qui savait comment voguer adroitement sur la vie, alors qu’autour d’elle tous ces adultes semblaient si manches. Elle me donnait cette impression, de… Réussir à faire l’impossible. Assurer.

Même moi je sais pas ce que ça veut dire. Mais si tant est que ce verbe ai jamais signifié quelque chose de tangible, alors « assurer », c’est ce qu’elle faisait. Elle me faisait peur pour cette raison. Je crois bien qu’elle est la première personne avec qui j’ai ressenti le syndrome de l’imposteur. « Elle, qui s’intéressait à moi, allait se rendre compte que je n’ai rien du génie que les autres décrivent. Elle verrait tout de suite, derrière mes bons résultats scolaires, quel échec je suis. » C’était ça. Drôle de période. J’avais pas 10 ans, alors… Ce papier à lettres semble un peu… Naïf.
Mais il garde une certaine classe, à travers le temps et même pour une personne adulte. En fait, il y a cette douceur et ce côté candide qui peut aller à n’importe quel âge. J’ouvre le support en carton, et je me demande si je vais « troquer », « donner » ou « vendre » ce truc. Pas le vendre, assurément.

Je commence à paniquer en me rappelant que j’avais pour habitude de glisser les lettres que j’avais reçues derrière les plus grandes feuilles, cachées comme un trésor (ou un secret). Je panique parce que, si j’avais été ne serait-ce qu’un peu plus rapidement dans le tri de mes affaires, j’aurais sûrement donné ce set de correspondance sans même faire attention au fait que les lettres étaient encore dedans. J’éprouve de la honte à cette idée, et je ne sais même pas pourquoi.

3 lettres. Mon père, ma mère et ma meilleure amie d’enfance.
Je ne peux m’empêcher de me dire que je ferais mieux de ne pas les lire, mais c’est trop tard. L’action est lancée. Je sais que je vais le faire. Je me vois déjà préparer la cigarette post-lecture.



L’enveloppe de la lettre de ma meilleure amie est vide. Ne reste d’elle que la petite écriture à l’encre rose, presque effacée, indiquant l’adresse de ses parents. Si propre, et pourtant, ça zig-zague dans tous les sens. J’étais jalouse de cette écriture qui me semblait mature à l’époque. Elle était plus adroite que moi avec un stylo. Le mien bavait tout le temps. Je me forçais à prendre un stylo à encre, convaincue qu’un jour mon écriture finirait par être aussi belle que la sienne, grâce au stylo. Perdu, j’écris toujours comme un automate épileptique. J’avoue, mon écriture a des rondeurs, en réalité c’est l’écriture de ma mère que j’ai adoptée : je n’ai pas eu le choix. La courbe de mes « P » majuscules est ancrée au fer rouge sur mes fesses. Celle de mes « L » minuscules aussi.

Passons. La lettre de ma mère.

Je ne peux pas en parler.

La lettre de mon père.

Je me sens si triste.

Ils ont vraiment essayé.

D’une manière ou d’une autre, un cœur battait dans leur poitrine. Moi aussi j’ai essayé. Il est rationnellement probable que je ne les revois plus avant des années, voire jamais, mais cette donnée ne rentrera peut-être jamais dans mon crâne. Ils sont toujours là. Quoi que je fasse, je sens leur regard sur moi. Et parfois –mais parfois seulement- j’arrive à m’en foutre.

Par exemple, quand je fais l’amour, dieu merci ils ne sont pas dans ma tête.

Je fais la fière mais je pleure à gros sanglots (encore !). J’ai trop espéré. Trop longtemps ! Je n’ai même pas envie que ça change, maintenant. Les choix sont faits, les actions posées. Mon cœur, lui, il peut rester fripé si ça lui chante. Je n’ai plus envie de le pressurer pour guérir. Je sais pas. Je crois que c’est important pour quelque chose en moi, de souffrir cette souffrance-là. Une part de moi dit : « Je n’ai pas encore finit de parler », « Tu m’entendras encore longtemps ». Le genre de blessure qui, lorsqu’elle guérit, transforme l’univers. Et je crois qu’on l’a tous.


C’est arrivé si vite. J’ai remué 3 affaires, je n’ai pas encore décidé de ce que je ferais avec, et il est 4h du matin. Je ne peux pas refourguer ce papier à lettres, aussi beau soit-il. Je le jetterai sûrement !


Je ne pensais pas que déménager si peu d’affaires me prendrait autant de mois !

PS: J'ai tout jeté.


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samedi 23 décembre 2017

Les flammes jumelles

23.12.2017


Notre relation est probablement la plus belle que j’ai jamais vue de ma vie, et c’est probablement aussi la plus minable. « Vue », parce que pour trouver des références compréhensibles à poser sur notre vécu je dois aller rechercher parmi toutes les relations que j’ai jamais rencontré/lues/vues/entendues ever, et donc pas seulement les miennes. C’est un ovni.

Tu as déjà entendu parler d’une relation comme ça ? Qui va jusque là, qui passe par ces chemins-là ? Qui aboutit à ça ? Pas moi.

C’est pas ce truc où j’essaye de dire que ma relation est la plus unique de toutes, c’est un aveux. Il fut très difficile de mettre le doigt sur ce qui se passait exactement et c’est probablement ce qui est, et ce qui fut le plus dérangeant tout du long. Cette question :

« Mais qu’est-ce qui se passe ici putain ?! »

Minable parce que, au-delà du côté éminemment spirituel et transcendentalement bizarre de tout ça, cette relation nous a révélé dans une humanité qui fait peine à voir. On s’est mis minable, on a mis l’ensemble de notre entourage minable, mais moins (ce qui nous sauve un peu). Sauf nos familles respectives, auxquelles on a probablement fait le plus de tort. Avions-nous raison ? Je pense que oui, nous avons fait les choix qui s’imposaient. Est-ce qu’on y a pris du plaisir ? Non, les choses ne sont pas si simples.

Pour comprendre, il faut d’abord admettre ce que nous avons admis par la force des choses. Il faut aller voir au fond des égouts de l’humanité, et il faut aller voir sur les sommets les plus hauts. Bref, il faut être complètement fou, et désespéré pour comprendre. Si un jour quelqu’un lit ces lignes et comprend, sachez que je vous vois, je vous connais. Vous portez en vous cette germe de désespoir que vous voulez cacher au reste du monde. Mais vous ne me la ferez pas à l’envers.

Avez-vous déjà fait ce rêve où vous étiez complètement nus au milieu d’une foule de gens qui vous regardaient et riaient de vous ?

Pas moi. J’étais trop occupée à sauver le monde d’une horde de zombies façon Indiana Jones sous crack, ou tout simplement en train de courir pour fuir un ennemi qui s’avère pitoyablement n’être que moi-même.

Avez-vous déjà marché dans la rue comme si l’entièreté de votre corps était en feu et que le souffle des flammes vous traversait de part en part, comme si vous n’étiez rien, rien d’autre qu’une armature en mouvement qui évolue dans un univers aux forces mouvantes ?

Ça, par contre, je l’ai fait. Je le fais encore. C’est comme ça maintenant. C’est la complète vulnérabilité, quand je ne suis pas assez occupée à me regarder moi-même pour essayer d’agir en fonction de mon fort intérieur qui, en réalité, ne m’est pas aussi accessible que j’ai toujours bien voulu le croire.

Comment ça c’est intense, alors comme ça c’est too much ? J’en fais trop ? Mensonges ! J’en fais pas assez. Les esprits humains semblent végéter, juste comme le mien avant que je ne rentre dans cette espèce de vortex relationnel. Oh, on croit qu’on sait. On croit qu’on connait des choses, on avance les poches remplies de certitudes. On croit qu’on veut, on croit qu’on peut, on croit tout court. J’ai la foi, vous savez ? Ce n’est pas une revendication, c’est une observation neutre.

Alors aujourd’hui j’essaye de faire ce truc que j’avais tant de facilité à faire avant : observer ma vie de manière complètement égocentrée et dénuée de jugeote, pour essayer de retrouver dans ma mémoire les fragments de ce qui s’est passé quand tout ça a commencé.

Voyons voir.

Oh. Ca me semble si inintéressant aujourd’hui. Avez-vous remarqué que, plus vous vivez dans l’instant présent, et plus votre histoire vous semble sans intérêt ? Un peu comme lorsque vous êtes enfant et que votre mère tente de créer un lien factice entre vous et elle. Elle vous demande alors ce que vous avez fait à l’école et ce que vous avez mangé à la cantine, après avoir échoué à vous faire simplement raconter votre journée. « Je ne sais pas », ou, en d’autres termes : « Je m’en fou de tes questions, ce qui est passé est passé, qu’est-ce qui t’intéresse tant là-dedans maman, sérieux ? ». Oh, bien sûr, une enfant de 7 ans ne dirait pas ce genre de choses. Elle les pense, seulement. Je me souviens mieux de mon enfance justement parce que j’ai cru comprendre que ce n’était pas satisfaisant pour ma mère si je n’avais aucune histoire à lui raconter sur ma journée. Et c’était insatisfaisant pour mes « amies » au collège si je n’avais pas une personnalité bien affirmée. J’ai cru comprendre ? C’était comme ça, il fallait le faire. Et je me décortiquais avec toute la haine du monde au lieu de crier : « Mais laissez-moi vivre ! ».

Est-ce que tu peux t’identifier à mon histoire ? Eprouver cette compassion que tu attends d’éprouver quand tu lis quelque chose à propos de quelqu’un ?

Alors tu devrais très certainement détester l’histoire de Marcel (appelons-le ainsi). Oh, il n’a pas eu ce genre d’histoire qu’on aime lire. Il n’était pas le héros de l’histoire, même dans sa tête. Car bien qu’il arrivait toujours à se mentir au point de croire qu’il jouait le rôle de la victime, eh bien, il ne se plaçait pas dans le rôle du héros. Pas comme nous. Tu sais, nous, les gens qui avons appris à façonner une personnalité que nous avons voulu la plus sympa et intéressante possible, histoire de ne pas se faire chier dans notre vie.

Marcel n’en a que faire de se faire chier dans son histoire, puisque d’histoire, il n’en a pas. Il n’a que des bribes, des échos, des esquisses de scénario, décousu. Déformé, flou et incomplet. Son histoire a plus de trous que mon CV d’inadaptée sociale.

Et comment font deux personnes aussi dramatiquement communes pour créer un drame si fort qu’elles se sentiront enfin vivantes ?

La transcendance. Hm.

Ou plutôt, le déni d’humanité. Ni conscient ni assumé, ni porté fièrement ni même exhibé. Juste là, tapi dans l’ombre, attendant le moment propice pour foutre vos vies en l’air et révéler ce que vous avez toujours été : la vie elle-même. La perfection incarnée. Et qui recherche ça parmi les humains ? Qui veut redevenir un animal et cesser de croire en la supériorité de l’intellect ?

Je l’ai déjà dit : les fous, les désespérés, ceux qui souffrent et ceux qui ont assez de bourgeoisie dans les veines pour se poser ce genre de question à la con.

Pourtant l’argent, Marcel et moi on n’en a rien à foutre. Surtout Marcel, parce que lui, l’argent, il en a jamais eu. Et moi, j’en ai eu tellement marre que j’ai préféré devenir vagabond. A quoi ça sert, l’argent ? C’est ça la vraie question. A quoi ça sert ? A quoi ça SERT bon sang. L’argent ça sert. Arrêtons donc de croire que l’argent c’est une valeur à part entière, l’argent c’est rien, c’est rien qu’un moyen, mais soyez au moins lucide sur le but dans lequel vous utilisez l’argent. Si l’argent servait à torcher les culs peut-être qu’on verrait tout de suite en quoi c’est problématique d’en garder autant dans un coffre à la banque, ou pire, d’essayer d’accumuler un chiffre, aussi significatif qu’un trophée acquis grâce à votre temps passé sur League of Legend.


On fera quoi, Marcel et moi, quand on sera grand ? L’adulte existe dans un monde où les enfants ont désespérément peur. Il faut alors se créer un statut, constater la maturité de manière chiffrée, d’après une échelle, graduée, et les commentaires approbateurs des autres bébés en manque d’affection qui vous dirons « Bravo, vous avez réussi ». Et on s’auto-congratule d’être adulte ou de ne pas en être, c’est selon.

Oui mais il faut bien se reconnaître, me direz-vous. L’humain est un animal grégaire, il doit pouvoir créer une tribu facilement, en un seul coup d’œil déterminer qui sont les gentils et qui sont les méchants. A moins que ?

Le métier n’est donc pas une façon simple de classer les enfants selon une échelle de valeur digne du plus élaboré conservatisme indien ? M’aurait-on menti ?

On s’intéresse alors à nos passions, car ce que l’on aime faire nous définit n’est-ce pas ? Alors moi je veux faire « lectrice » même si ça fait rire tout le monde et que ça n’existe pas. Oh et puis zut, de toute façon je ne lis plus autant (c’était juste ma façon de ne pas dormir).

Marcel il veut devenir écrivain. Il prenait ça très au sérieux comme quelque chose que l’on met sur un piédestal avec trop de ferveur pour que ce soit honnête. Marcel veut, en réalité, sauver le monde. Mais à la différence de beaucoup, il prend ça tellement à bras-le-corps qu’il le fera probablement. On veut tous sauver le monde, n’est-ce pas ? A notre façon, on veut sauver le monde, et la raison pour laquelle on veut sauver le monde est qu’on sait qu’il ne tourne pas rond. On veut sauver le monde pour sauver notre apparence, le monde c’est nous, mais chut, c’est un secret.

Marcel non, il ne veut pas se sauver lui-même, parce qu’il sait comment vivre sans s’aimer. Il suffit de ne pas y penser et de se droguer à la vie.

C’est là que j’interviens, et que je lui explique avec mes grands sabots comment fonctionne l’authenticité. Je lui explique avec tellement de détermination que Lénine en aurait fait autant pour nous convaincre qu’un ordre nouveau pouvait nous mettre tous sur un pied d’égalité. L’égalité, moi j’aime ça. Marcel aussi, mais seulement quand il peut ne pas en faire partie. Alors il m’éjecte, un peu comme on pousse du doigt le moucheron qui vient de s’écraser sur notre casque de moto.

Quel insubordinateur, ce Marcel. En plus, j’étais même pas vraiment attachée à ce qu’il comprenne, voilà, je suis comme ça, je sais reconnaître les cas désespérés. Ben oui quoi, je sais quand il est bon de s’arrêter, moi. Je suis une personne mesurée et fiable. J’ai des valeurs, vous comprenez ? Marcel il comprend pas, alors il faut que je lui prouve. C’est stupide, car après tout il ne mérite pas mon attention.

Et puis quel cœur de pierre je fais. En réalité je ne peux pas me mentir, ça je le sais, être honnête, oh, l’honnêteté j’en connais un rayon. Je me connais bien, et je sais admettre quand je fais de la merde. Donc, disons-le clairement : j’ai merdé, j’ai écouté sa musique. C’était des voix d’ange. Je déconne pas. Une chorale religieuse, avec des hommes (je déteste les voix d’hommes dans une chorale). J’ai trouvé ça merveilleux. Allez savoir, je sais aussi reconnaître quand quelqu’un m’attire. C’est stupide parce qu’il me prend de haut. Il me méprise à un point insupportable.

Non, il ne me prend pas de haut. Il est juste complètement paumé, il sait qu’il vient de tomber dans le terrier du lapin blanc, et que c’est foutu pour lui. Que fait-elle, celle-là ? Est-ce qu’elle vient d’entrer dans mon appartement qui n’est pas mon appartement ? Est-ce qu’on vient de s’embrasser ? Dois-je appeler la police ? Foutu pour foutu, il faudra attendre qu’elle décide par elle-même, et lui laisser la liberté conditionnelle d’avouer qu’elle est folle de moi. Elle le fera, dieu merci, parce que j’étais à deux doigts de me couper les veines.

« OK »

« Je crois que je t’aime »

« … »

« C’est bon, tu n’as pas à me répondre.
-Oui, on, ça ne nous engage à rien.
-Je n’ai aucune envie de rentrer dans une relation sérieuse, je suis très bien toute seule.
-Même chose de mon côté.
-Autant mettre ça au point tout de suite entre nous : un « je t’aime » n’implique pas un « je t’aime », sinon ça ne veut plus rien dire, et les mots sont importants.
-Oui mais de toute façon tu sais déjà ce que j’en pense.
-Je sais tu m’avais déjà dit, ce… Truc.
-Je t’avais déjà dit « Je t’aime »
-Oui. On n’est pas obligé d’en parler.
-Non. »

C’est foutu. Il m’a eu. Le salaud. Et dire que j’étais à deux doigts d’être libre comme, « vraiment libre ». Et indépendante. Je ne l’ai jamais été. J’ai toujours été pitoyablement dépendante de l’attention des autres. Je ne veux pas que ça recommence.

Mais qu’est-ce qui est plus important que l’amour, hein ? La confiance ? Oui, voilà. C’est ça. La confiance, c’est fiable, c’est solide. La confiance, on peut compter dessus pour savoir ce que vaut une personne, et si on doit rester avec ou pas. Partir, maintenant, je sais faire. Cette fois, je sais que je sais comment partir. Alors s’il le faut je partirai. Je suis prête.

« Serrons-nous la main.
-Quoi ?
-Serrons-nous la main ! C’est moins cliché qu’un baiser.
-De ?
-Prends-moi la main !
-D’accord.
-Tu sais ce qu’on est en train de faire ?
-De, heu, non ? Un mariage païen ?
-Un pacte.
-D’accord.
-Tu as attendu assez longtemps, je culpabilisais de ne pas pouvoir te le dire, mais ce soir j’ai pris ma décision. Quand je commence à aimer, j’aime jusqu’à ma mort, et ce même si le couple ne dure pas. Alors tu sauras qu’il en est de même pour toi. Maintenant, on peut commencer à fonctionner comme une équipe. »

J’ai toujours aimé les cérémonies bien faites et les grands discours, je crois bien que ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Mi- amusée, mi- lassée. J’ai entendu 100 fois mes vieux discours remplis de superlatifs. J’écris des Blockbuster dans ma tête à longueur de journée et ce, même si le personnage principal est une cendre de cigarette. Vous avez de la chance que je parle de deux humains réels aujourd’hui, dans mes moments les plus fous je peux parler de Jésus et du diable –ça va, vous respirez encore ?

Bien.

Parce que ce n’était que le début. Marcel et moi on s’est pacté et empaqueté dès le début de notre relation ou presque. C’est un train à grande vitesse que vous venez de prendre. Le vin rouge sur le mur, le « Oh, alors c’était toi, hohoho, c’est drôle enfoiré c’est moi qui ai dû nettoyer la tâche que tu as faite sur le mur de mon coloc atteint de psychopathie ». Le « Ahaha je ne suis pas désolé du tout », « J’aime ta veste », « J’ai dormi dehors avec » et trois faux-semblants plus tard on se tenait la main dans le parc en regardant des écureuils.

(Toute ressemblance avec des faits réels est délibérément volontaire).

Il a fallu essayer de mener un quotidien normal dans une relation dont il fallait sans arrêt pousser les bords car elle commençait à tout envahir de son ombre menaçante. La fac, le boulot, les copains, les courses au supermarché. J’ai vu mon quotidien se découper comme les quartiers d’un diagramme en camembert trop coulant, dont la pâte commençait à empiéter sur la globalité de mon espace mental. Est-ce que j’étais amoureuse ? Non .
Est-ce que je l’aimais ? Oui.
Qu’était-il pour moi ? Qui peut le dire ?

Je découvrais alors qu’il est parfois impossible de mettre des mots sur ce qu’on ressent. Etant donné que j’avais toujours été déconnectée de moi-même jusqu’alors, c’était une première. Je n’ai compris que ça signifiait que je vivais l’instant présent que bien des mois plus tard. L’instant présent ? C’est quoi, ça se mange ? Est-ce une nouvelle invention new age ? Comme le camembert, non ? Ces gens-là ont la fâcheuse habitude de créer des concepts qui puent.

Alors, là, c’est vraiment devenu malsain. Dans le sens où il n’y avait plus aucun sens. Marcel découvrait que l’existence pouvait avoir une continuité logique tandis que je perdais progressivement toute source de fierté. Partir ? La bonne blague. Marcel ne sachant pas ce qu’est la fierté ni même la bienséance, il m’a projeté dans cet univers étrange où on peut dire tout et son contraire dans la même phrase sans perdre son sérieux. Allô Alice, je suis perdue, j’ai joué toutes mes cartes et il est encore là. Je ferme les yeux, et il disparaît, je les ouvre, et il n’est plus là. Tu me vois, tu me vois plus.

La réalité n’a jamais semblé aussi insaisissable.

Que dire des souvenirs de Marcel emplis de culpabilité ?

Rien.

Parce qu’il n’est pas possible de jouer aux échecs avec des quilles, Marcel a dû s’y prendre avec patience, constance et minutie pour éviter de regarder la réalité en face, et pour m’éviter moi. Et pour essayer d’esquiver les assauts d’un bulldozer qui croit encore que c’est la guerre au Vietnam. Réveille-toi, GI Joe, tu fais flipper tout le monde avec tes conneries. Marcel il flippe grave, là. Si tu continues, il va t’en foutre plein la gueule.

Tous les soldats finissent par rencontrer cet ennemi qu’ils doivent tuer mais qui a des yeux trop humains. C’est de ces yeux-là dont on se souvient la nuit.

Mais moi pas. Alors j’ai rien vu venir.

Vlan.

Ce n’était pas à proprement parler une porte qui se claque au nez. Plutôt un coup de fil depuis l’étranger, un coup dans le ventre. J’en ai vomi. J’ai rien pu manger pendant des semaines. Morte, mais vivante encore. Il fallait avancer.

Je lui avais fait le coup tellement de fois que je n’ai même pas eu l’honnêteté de me demander où étaient passées ses émotions, à lui, quand je lui montrais qu’il était inadéquat. Mes émotions, là, je les sentais passer. Ou plutôt non, je dirais qu’elles ont donné naissance au « petit monstre dans mon ventre ». Cette douleur avec laquelle on avance, j’en étais littéralement pliée en deux.

« Je ne te dirais pas de passer à autre chose, parce que j’ai perdu tout espoir d’entrevoir une logique, ou juste du bon sens, dans votre relation.
-Merci bien.
-Maintenant il suffit juste de regarder en toi-même : Qu’est-ce que tu veux vraiment?
-J’aimerais que ma réponse soit différente, mais je suis tout bonnement incapable de me mentir à ce point. Bon sang je suis une putain de sociopathe.
-Et ?
-Je l’aime !
-Et donc ?
-Et donc j’en ai rien à foutre. Je vais le récupérer.
-Ahaha, j’en étais sûre.»

« …Et cette fille, elle te plait en fait.
-Elle est capable de faire des choses impressionnantes.
-C’est vrai qu’elle a l’air parfaite pour toi… Je l’aime bien ! Elle est drôlement badass ! Juste, c’est fini avec ta copine ?
-Oui.
-Ah bon ! OK n’en parlons pas, si tu ne veux pas.
-Je peux te raconter un peu de mon voyage, si tu veux. J’ai écrit.
-Super ! »

Pauvre Marcel. Pourquoi passes-tu toujours pour le méchant de l’histoire ?

J’essaye de rétablir la vérité.

La vérité à propos de nous, la vérité à propos de ce que c’est que d’être humain. La vérité à propos du bien et du mal. Pas « ma » vérité. L’histoire est subjective, mais j’y place les faits importants trop longtemps ignorés et le lecteur est seul juge. Puisqu’on en est réduit à juger tout ce qui bouge.

Pan !

Permis de tuer, James Bond. Il y a toujours des blessés dans ce genre d’histoire. Heureusement ! Ne laissons plus figées nos histoires molles. Brisons les barrières et écrivons une fois encore la genèse, hein ?

Pour Marcel et moi, en tout cas, c’était la seule issue.

Et on l’a fait.

Fin de l’histoire.

Début de la vie.

lundi 14 août 2017

C'est pas ce que tu crois, peu importe ce que tu crois

Journal d’une thérianthrope

Encore un mot bizarre. Pas envie de définir, pas envie de justifier. Juste contenu pour moi-même dans cet espace d’archive qui retracera mon vécu, ainsi que l’émergence de mon identité profonde. Enfin.

Ce qui autrefois sonnait comme « tu es un faux » et « tu n’es pas ce que tu dis être » assaisonné de « ce n’est qu’une façon de te sentir vivre au travers d’une étiquette biaisée » s’est tu. C’est comme si là, tout de suite, il était évident que jamais je n’aurais honte de ces écrits. Pour la simple et bonne raison qu’ils sont authentiques, et que les évolutions futures de ma compréhension du monde n’effaceront pas le progrès acquis. Les évolutions n’effaceront pas les théories, elles les complèteront. Parce que s’il a été dit un jour que j’étais éveillée à moi-même, et si j’ai pu avoir honte de cette déclaration, ce n’est que parce qu’en regardant en arrière j’ai constaté à quel point ma vision de moi-même était alors encore assombrie par l’inconscience. Evidemment, il apparaît que d’ici sous peu je serai encore plus consciente de moi-même. Non, je n’aurais pas honte, car tout aura été sincère. Sincère vis-à-vis de moi-même. Ce qui n’était pas le cas avant, bien que j’en fusse persuadée. Comment savoir, alors, si je suis à l’heure actuelle sincère avec moi-même ? Comment savoir si je ne me fourvoie pas encore ? Est-ce que ça ne serait pas tragique ?

Je le sais. Je le sais. Je le sais comme je n’ai jamais rien su d’autre.
Je le sais comme on sait distinguer un viol d’un acte sexuel consenti. Je le sais car je sais aujourd’hui ce qu’est un acte consenti, consenti avec moi-même. Je sais aujourd’hui ce que ça fait d’être soi. Ce qui n’était pas possible avant, c’était de faire la différence entre le viol de mon identité et l’authenticité, car je n’avais rien connu d’autre que le viol. Le viol que je me faisais subir, car je l’avais appris, car je l’avais décidé –tout du moins, avait-on tenté de me faire croire que c’était un choix.

Constamment auto-brimée. Jusqu’au fond de mon être. Celle que je n’étais pas. Une fille.

Et comment faire ce coming out ? N’est-il pas d’abord question de coming… In ? C’est ce que j’essaye de faire à travers ce fichier word qui marque le premier d’une probable longue série.

Comment accepter ? Le simple fait que j’écrive pour moi-même à ce sujet illustre le pas énorme qui se franchit entre moi et mon interface sociale.

Ça ne sort pas. Ça veut sortir. Pas comme avant. « Y a quelque chose qui veut sortir », combien de fois ai-je répété ça, dans ma stupide vidéo et dans ma vie ? « Y a quelque chose qui veut sortir ! Mais ça ne peut pas se dire ! Parfois, c’est la perfection ! » Pas comme avant, quand je cherchais des mots, des mots nouveaux, pour exprimer dans une langue qui n’existe pas encore quelque chose qui semble d’un autre monde. Oui. Ça l’est. Si ça écrème encore à la surface au lieu de couler, c’est parce qu’il faudrait trahir la vérité pour en parler. La seule façon d’être en mesure d’exécuter pareille pirouette, c’est d’accepter d’abord l’entièreté de la réalité comme quelque chose qui existe bel et bien.

Car toute autre façon de procéder exposerait la personne au risque de ne plus se croire elle-même, hors, c’est indispensable. Car ici, ne pas se croire, c’est se renier du plus profond de son être. Carrément identitaire. Qu’est-ce qui serait si profond sinon, si ce n’est le soi, le regard silencieux, mais il n’est pas question de ça ici. Il n’est pas question de la force qui me pousse à m’assumer, mais bien de l’identité qu’il y a à assumer, et c’est deux choses en tous points différentes. Le soi ne peut être cerné, le soi ne peut être entouré de contours. L’identité, oui. Et elle l’est, qu’on le veuille ou non, cernée d’une manière qui échappe totalement à notre illusion de pouvoir décisionnel.

Tu ne nais pas homo. Tu ne l’es pas plus à ta naissance qu’à ta mort, mais tu vis avec, que tu le veuilles ou non.

Et ce n’est même pas ce qui me concerne, paraît-il que ça ne rentre pas dans les cases (pourtant très incluantes !) de la communauté LGBT+. Oh, il y a bien une case de cette communauté dans laquelle je rentre. Pas celle à laquelle je m’attendais. Je suis parait-il pansexuelle, ce qui signifie que je tombe amoureuse de ta personne quel que soit l’attribut entre tes jambes. Ce qui n’est pas la même chose que « bisexuel », car ici le corps n’a aucune foutue importance (dans sa composante genrée). Je ne suis pas « amoureuse des deux genres ». Je suis « amoureuse sans que le genre ne rentre dans les critères déterminants ». Ce qui est surprenant car il est évident que jamais il n’a été question pour moi de tomber amoureuse d’une fille (pour l’instant, ça concorde encore…) alors qu’il a pu m’arriver de ressentir de l’attirance pour des hommes « parce qu’ils étaient des hommes », donc pas des filles. Donc le genre avait une importance, donc je n’étais pas pansexuelle. N’est-ce pas ?

C’est en me bataillant avec mes troubles identitaires et autres orientations sexuelles que j’ai compris le fin mot de l’histoire : je tombais amoureuse des hommes parce que je me croyais fille. Et en fait j’étais si loin du compte qu’il ne m’arrivait même pas à l’esprit que ça pouvait être faux de bout-en-bout. Mais, n’a-t-il pas été dit tout à l’heure que ma vie était entièrement construite sur un mensonge ? Il était impossible alors, avant l’émergence de ma véritable identité, de briser les liens des mensonges visant à construire cette identité genrée –et mal genrée.

Hm. On pourrait en dire un mot du genre, d’ailleurs. C’est quoi mon genre ? Haha, depuis cet espace de sécurité je ris de cette question qui a détruit ma vie à mon insu. Il apparaît donc dans une logique indéfectible que je suis non binaire comme « unilatéralement et indubitablement non binaire ». « Non ». Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, pas d’étiquette humaine de merde, pitié, non.
Non, pas de « moitié-homme, moitié-femme ». Non, pas de « un peu de ci, un peu de ça ». Non, pas de « humainement genré ». Non. Pas. De. Genre.

Pas.
De.
Genre.

Non.


Il convient de dire qu’il est indispensable de savoir quel pronom utiliser. Il convient de dire qu’il me glace le sang d’entendre « madame » autant qu’il me glacerait le sang d’entendre « monsieur », et « mademoiselle » me donne des envies de violence. Il est en fait plus confortable d’éviter de se poser la question, et d’essayer de me regarder quand on me parle, de telle sorte à ce que je comprenne que c’est à moi qu’on s’adresse. De toute façon, je suis malentendante, alors si tu me regardes pas, je t’entends pas. Et si tu me regardes et que je t’écoute, il est clair que je vais comprendre que tu t’adresses à moi. Ce qui signifie que j’en ai putain de rien à foutre du pronom que tu utilises. C’est que des mots. C’est même pas ma culture. Il ou elle, mien ou mienne. Il est plus facile pour moi d’utiliser les pronoms féminins parce que c’est ceux que j’ai utilisé toute ma vie. Il est plus facile pour toi d’utiliser les pronoms féminins parce que ma longueur de cheveux et ma poitrine (supposée en-dessous de mon t-shirt) te poussent à croire que j’ai un vagin, et donc que je suis une fille. Simplement c’est pas grave si tu dis « il », ou que tu fais une faute d’orthographe qui viserait à oublier le petit « e » féminin à la fin des mots. C’est pas grave. Avec moi t’as le droit. Il n’est pas important de savoir mon genre car il n’existe pas.

mardi 4 avril 2017

Une vie de sorcière – Le soin des cheveux avec Gaia

Photo prise avant le shampoing/soin
Aujourd’hui je t’emmène avec moi pendant que je fais mon petit soin capillaire de sorcière. Tu vois, ça fait quelques années maintenant que j’utilise des produits naturels pour les cheveux, que je scrute avec attention la composition des shampoings que j’achète et que je les veux non-testés sur des animaux, tout ça. C’est même avec ça que j’ai commencé à écrire des articles, puisqu’à l’époque je tenais un blog exclusivement sur tous ces trucs que je testais pour les cheveux. Maintenant c’est devenu quelque peu habituel pour moi, d’utiliser ces façons « différentes » de prendre soin de son apparence et de son corps.

Alors qu’y a-t-il au programme ?

Henné blond & Poudre d’ortie

Tu peux en trouver de bonne qualité sur le site d’aroma-zone (ici). Comme tu vois, un sachet coûte entre 2 et 5€. Ce qui n’est franchement pas cher pour colorer ses cheveux ! Surtout avec ma longueur, et surtout que j’utilise moins de la moitié d’un sachet de 250g pour tout couvrir. Ça signifie que j’en ai pour 1,25€ pour chaque coloration (rousse) ! C’est rien du tout comparé à un coiffeur ou à une colo « classique » du commerce. En plus le henné est un soin qui fortifie les cheveux, comparé aux colorations classiques qui sont connues pour les abîmer.

En revanche, il est vrai que si on utilise exclusivement des poudres pour se laver les cheveux (au lieu de shampoings naturels ou non), cela revient un peu plus cher. Du coup, je n’en utilise qu’occasionnellement pour cet usage. Mais je rappelle qu’en plus de colorer les cheveux, le henné lave ;-) (ça fait un shampoing en moins à faire).

Etat des cheveux avant shampoing :
Pellicules sèches sur le crâne + racines de +/- 5 cm (grasses) + cheveux graisseux sur les longueurs après un masque huile de sésame+ huile de ricin qui n’est pas complètement parti au précédent shampoing

L’huile de sésame, j’en ai un gros bidon d’1L, ça coûte rien. L’huile de ricin c’est très occasionnel, c’est un peu plus coûteux mais il n’en faut pas beaucoup. C’est connu pour favoriser la pousse des cheveux mais honnêtement je ne m’attends pas à un miracle. Cette huile est difficile à appliquer si on ne la mélange pas avec une autre huile plus liquide, avant. Et là visiblement j’en avais trop mis dans mon mélange.

Je veux me débarrasser de l’huile de ricin qui s’accroche, éclaircir un peu la couleur sur l’ensemble et uniformiser un peu les longueurs avec les racines (mais pas complètement) + résoudre le problème de pellicules (d’où la poudre d’orties)

Mélange :
A peu près 50/50 henné blond/poudre d’orties
Appliqué sur racines, longueurs et pointes

Tu peux cliquer pour agrandir les photos


Temps de pose : 
Heu. Début environ 16h30 je crois. Le temps de prendre une douche (pour le corps, parce que j’me suis mis de la bouillasse verte partout), de faire une petite bolognaise veggie ou presque (sauce tomate, tofu et parmesan, oui je vais avoir du mal à enlever le parmesan de mon alimentation je crois…) et de manger… Le truc c’est que j’ai mis du henné colorant, donc avec du henné il faut minimum 1 heure de pose sinon on risque d’avoir des petits reflets verdâtres. Tu te doutes que je n’vais pas regarder pousser l’herbe pendant une heure.
Donc à 18h15 je pars rincer tout ça, cela fait donc environ 1h15 de pose.

Hé, au fait : le truc avec le tofu c’est de le faire revenir avec de la sauce soja (sucrée ou non). Tu vois, tu passes alors d’un machin sans goût à un quelque chose de fabuleux. Cuisine magique.


Le ricin...

Comment on fait?

D'abord, on s'assure d'acheter de la bonne poudre, avec QUE des plantes ou de la terre dedans. Aucun produit additionnel. Si la composition n'est pas clairement écrite sur le sachet, fuyez! Pourquoi est-ce important? Outre l'aspect écologique, cela vous assure de ne pas avoir des résultats, disons... aléatoires.

Il vous faudra:

❧ Votre poudre (vous pouvez en mélanger plusieurs)
❧ De l'eau chaude mais pas trop (pour ne pas se brûler la tête quand on appliquera le schmilblick)
❧ Un récipient pour faire votre tambouille (tout ce que vous voulez mais pas du fer, car cela pourrait interagir avec les principes actifs de la poudre)
❧ Un truc pour remuer votre bouillon de sorcière (toute les matières sont OK sauf le fer)


La texture doit ressembler à ça, n'ajoutez pas la flotte trop vite
Bon, ensuite, vous appliquez ça comme vous voulez (sérieusement!).
Perso, je commence toujours par en tartiner sur les racines déjà visibles, puis après j'essaye d'en mettre sur celles qu'il y a en-dessous. Après je descend vers les longueurs.

Si vous étiez le genre de gamin à aimer jouer dans la boue, vous allez être servi!
De la terre, des plantes, tout ça réduit en poussière et ajoutez-y de l'eau, je vous la donne en mille:

Bonjour,

Gaïa! 


Pour les sorcières urbaines, ça fait du bien de pouvoir se reconnecter un peu à celle qu'on appelle « La mère ». Comme toujours, vous pouvez faire tout ces gestes mécaniquement, ou bien vous pouvez y insuffler un zeste de magie. Vous pouvez être pressé d'en finir, ou bien vous pouvez apprécier ce moment. Que choisissez-vous?

J'ai un peignoir exprès pour les "poudres qui tachent". Et puis avec toute cette bouillasse dans les cheveux, ils tiennent tout seuls en chignon (ou bien je peux rajouter un chouchou, pour être sûre). Du coup, pour peu que je ne sorte pas de chez moi, je peux faire absolument ce que je veux en attendant que ça ai finit de poser.

On peut aussi emballer sa tête dans du cellophane (stp pas le visage, tu m'as comprise). L'avantage c'est qu'on est sûr que ça ne coulera pas (mais bon, le truc durcit sur ta tête donc de toute façon ça ne coule pas trop) et en prime ça garde la chaleur. Cette chaleur va permettre aux principes actifs des poudres d'agir plus rapidement.

Un dernier truc: Le henné, surtout le roux, colore super bien. En revanche, avec le blond, ne vous attendez pas à des miracles: le henné n'éclaircit pas, puisqu'il recouvre simplement le cheveux. Le henné blond peut vous donnez des reflets différents, voir vous faire passer d'un blond cendré à un blond doré, mais c'est tout.

Assez de blabla. 
Vous voulez voir ce que ça donne?






Finit le ricin.












Finit les racines grasses.












Des racines un poil plus dorées.


Youpi!