lundi 14 août 2017

C'est pas ce que tu crois, peu importe ce que tu crois

Journal d’une thérianthrope

Encore un mot bizarre. Pas envie de définir, pas envie de justifier. Juste contenu pour moi-même dans cet espace d’archive qui retracera mon vécu, ainsi que l’émergence de mon identité profonde. Enfin.

Ce qui autrefois sonnait comme « tu es un faux » et « tu n’es pas ce que tu dis être » assaisonné de « ce n’est qu’une façon de te sentir vivre au travers d’une étiquette biaisée » s’est tu. C’est comme si là, tout de suite, il était évident que jamais je n’aurais honte de ces écrits. Pour la simple et bonne raison qu’ils sont authentiques, et que les évolutions futures de ma compréhension du monde n’effaceront pas le progrès acquis. Les évolutions n’effaceront pas les théories, elles les complèteront. Parce que s’il a été dit un jour que j’étais éveillée à moi-même, et si j’ai pu avoir honte de cette déclaration, ce n’est que parce qu’en regardant en arrière j’ai constaté à quel point ma vision de moi-même était alors encore assombrie par l’inconscience. Evidemment, il apparaît que d’ici sous peu je serai encore plus consciente de moi-même. Non, je n’aurais pas honte, car tout aura été sincère. Sincère vis-à-vis de moi-même. Ce qui n’était pas le cas avant, bien que j’en fusse persuadée. Comment savoir, alors, si je suis à l’heure actuelle sincère avec moi-même ? Comment savoir si je ne me fourvoie pas encore ? Est-ce que ça ne serait pas tragique ?

Je le sais. Je le sais. Je le sais comme je n’ai jamais rien su d’autre.
Je le sais comme on sait distinguer un viol d’un acte sexuel consenti. Je le sais car je sais aujourd’hui ce qu’est un acte consenti, consenti avec moi-même. Je sais aujourd’hui ce que ça fait d’être soi. Ce qui n’était pas possible avant, c’était de faire la différence entre le viol de mon identité et l’authenticité, car je n’avais rien connu d’autre que le viol. Le viol que je me faisais subir, car je l’avais appris, car je l’avais décidé –tout du moins, avait-on tenté de me faire croire que c’était un choix.

Constamment auto-brimée. Jusqu’au fond de mon être. Celle que je n’étais pas. Une fille.

Et comment faire ce coming out ? N’est-il pas d’abord question de coming… In ? C’est ce que j’essaye de faire à travers ce fichier word qui marque le premier d’une probable longue série.

Comment accepter ? Le simple fait que j’écrive pour moi-même à ce sujet illustre le pas énorme qui se franchit entre moi et mon interface sociale.

Ça ne sort pas. Ça veut sortir. Pas comme avant. « Y a quelque chose qui veut sortir », combien de fois ai-je répété ça, dans ma stupide vidéo et dans ma vie ? « Y a quelque chose qui veut sortir ! Mais ça ne peut pas se dire ! Parfois, c’est la perfection ! » Pas comme avant, quand je cherchais des mots, des mots nouveaux, pour exprimer dans une langue qui n’existe pas encore quelque chose qui semble d’un autre monde. Oui. Ça l’est. Si ça écrème encore à la surface au lieu de couler, c’est parce qu’il faudrait trahir la vérité pour en parler. La seule façon d’être en mesure d’exécuter pareille pirouette, c’est d’accepter d’abord l’entièreté de la réalité comme quelque chose qui existe bel et bien.

Car toute autre façon de procéder exposerait la personne au risque de ne plus se croire elle-même, hors, c’est indispensable. Car ici, ne pas se croire, c’est se renier du plus profond de son être. Carrément identitaire. Qu’est-ce qui serait si profond sinon, si ce n’est le soi, le regard silencieux, mais il n’est pas question de ça ici. Il n’est pas question de la force qui me pousse à m’assumer, mais bien de l’identité qu’il y a à assumer, et c’est deux choses en tous points différentes. Le soi ne peut être cerné, le soi ne peut être entouré de contours. L’identité, oui. Et elle l’est, qu’on le veuille ou non, cernée d’une manière qui échappe totalement à notre illusion de pouvoir décisionnel.

Tu ne nais pas homo. Tu ne l’es pas plus à ta naissance qu’à ta mort, mais tu vis avec, que tu le veuilles ou non.

Et ce n’est même pas ce qui me concerne, paraît-il que ça ne rentre pas dans les cases (pourtant très incluantes !) de la communauté LGBT+. Oh, il y a bien une case de cette communauté dans laquelle je rentre. Pas celle à laquelle je m’attendais. Je suis parait-il pansexuelle, ce qui signifie que je tombe amoureuse de ta personne quel que soit l’attribut entre tes jambes. Ce qui n’est pas la même chose que « bisexuel », car ici le corps n’a aucune foutue importance (dans sa composante genrée). Je ne suis pas « amoureuse des deux genres ». Je suis « amoureuse sans que le genre ne rentre dans les critères déterminants ». Ce qui est surprenant car il est évident que jamais il n’a été question pour moi de tomber amoureuse d’une fille (pour l’instant, ça concorde encore…) alors qu’il a pu m’arriver de ressentir de l’attirance pour des hommes « parce qu’ils étaient des hommes », donc pas des filles. Donc le genre avait une importance, donc je n’étais pas pansexuelle. N’est-ce pas ?

C’est en me bataillant avec mes troubles identitaires et autres orientations sexuelles que j’ai compris le fin mot de l’histoire : je tombais amoureuse des hommes parce que je me croyais fille. Et en fait j’étais si loin du compte qu’il ne m’arrivait même pas à l’esprit que ça pouvait être faux de bout-en-bout. Mais, n’a-t-il pas été dit tout à l’heure que ma vie était entièrement construite sur un mensonge ? Il était impossible alors, avant l’émergence de ma véritable identité, de briser les liens des mensonges visant à construire cette identité genrée –et mal genrée.

Hm. On pourrait en dire un mot du genre, d’ailleurs. C’est quoi mon genre ? Haha, depuis cet espace de sécurité je ris de cette question qui a détruit ma vie à mon insu. Il apparaît donc dans une logique indéfectible que je suis non binaire comme « unilatéralement et indubitablement non binaire ». « Non ». Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, pas d’étiquette humaine de merde, pitié, non.
Non, pas de « moitié-homme, moitié-femme ». Non, pas de « un peu de ci, un peu de ça ». Non, pas de « humainement genré ». Non. Pas. De. Genre.

Pas.
De.
Genre.

Non.


Il convient de dire qu’il est indispensable de savoir quel pronom utiliser. Il convient de dire qu’il me glace le sang d’entendre « madame » autant qu’il me glacerait le sang d’entendre « monsieur », et « mademoiselle » me donne des envies de violence. Il est en fait plus confortable d’éviter de se poser la question, et d’essayer de me regarder quand on me parle, de telle sorte à ce que je comprenne que c’est à moi qu’on s’adresse. De toute façon, je suis malentendante, alors si tu me regardes pas, je t’entends pas. Et si tu me regardes et que je t’écoute, il est clair que je vais comprendre que tu t’adresses à moi. Ce qui signifie que j’en ai putain de rien à foutre du pronom que tu utilises. C’est que des mots. C’est même pas ma culture. Il ou elle, mien ou mienne. Il est plus facile pour moi d’utiliser les pronoms féminins parce que c’est ceux que j’ai utilisé toute ma vie. Il est plus facile pour toi d’utiliser les pronoms féminins parce que ma longueur de cheveux et ma poitrine (supposée en-dessous de mon t-shirt) te poussent à croire que j’ai un vagin, et donc que je suis une fille. Simplement c’est pas grave si tu dis « il », ou que tu fais une faute d’orthographe qui viserait à oublier le petit « e » féminin à la fin des mots. C’est pas grave. Avec moi t’as le droit. Il n’est pas important de savoir mon genre car il n’existe pas.

mardi 4 avril 2017

Une vie de sorcière – Le soin des cheveux avec Gaia

Photo prise avant le shampoing/soin
Aujourd’hui je t’emmène avec moi pendant que je fais mon petit soin capillaire de sorcière. Tu vois, ça fait quelques années maintenant que j’utilise des produits naturels pour les cheveux, que je scrute avec attention la composition des shampoings que j’achète et que je les veux non-testés sur des animaux, tout ça. C’est même avec ça que j’ai commencé à écrire des articles, puisqu’à l’époque je tenais un blog exclusivement sur tous ces trucs que je testais pour les cheveux. Maintenant c’est devenu quelque peu habituel pour moi, d’utiliser ces façons « différentes » de prendre soin de son apparence et de son corps.

Alors qu’y a-t-il au programme ?

Henné blond & Poudre d’ortie

Tu peux en trouver de bonne qualité sur le site d’aroma-zone (ici). Comme tu vois, un sachet coûte entre 2 et 5€. Ce qui n’est franchement pas cher pour colorer ses cheveux ! Surtout avec ma longueur, et surtout que j’utilise moins de la moitié d’un sachet de 250g pour tout couvrir. Ça signifie que j’en ai pour 1,25€ pour chaque coloration (rousse) ! C’est rien du tout comparé à un coiffeur ou à une colo « classique » du commerce. En plus le henné est un soin qui fortifie les cheveux, comparé aux colorations classiques qui sont connues pour les abîmer.

En revanche, il est vrai que si on utilise exclusivement des poudres pour se laver les cheveux (au lieu de shampoings naturels ou non), cela revient un peu plus cher. Du coup, je n’en utilise qu’occasionnellement pour cet usage. Mais je rappelle qu’en plus de colorer les cheveux, le henné lave ;-) (ça fait un shampoing en moins à faire).

Etat des cheveux avant shampoing :
Pellicules sèches sur le crâne + racines de +/- 5 cm (grasses) + cheveux graisseux sur les longueurs après un masque huile de sésame+ huile de ricin qui n’est pas complètement parti au précédent shampoing

L’huile de sésame, j’en ai un gros bidon d’1L, ça coûte rien. L’huile de ricin c’est très occasionnel, c’est un peu plus coûteux mais il n’en faut pas beaucoup. C’est connu pour favoriser la pousse des cheveux mais honnêtement je ne m’attends pas à un miracle. Cette huile est difficile à appliquer si on ne la mélange pas avec une autre huile plus liquide, avant. Et là visiblement j’en avais trop mis dans mon mélange.

Je veux me débarrasser de l’huile de ricin qui s’accroche, éclaircir un peu la couleur sur l’ensemble et uniformiser un peu les longueurs avec les racines (mais pas complètement) + résoudre le problème de pellicules (d’où la poudre d’orties)

Mélange :
A peu près 50/50 henné blond/poudre d’orties
Appliqué sur racines, longueurs et pointes

Tu peux cliquer pour agrandir les photos


Temps de pose : 
Heu. Début environ 16h30 je crois. Le temps de prendre une douche (pour le corps, parce que j’me suis mis de la bouillasse verte partout), de faire une petite bolognaise veggie ou presque (sauce tomate, tofu et parmesan, oui je vais avoir du mal à enlever le parmesan de mon alimentation je crois…) et de manger… Le truc c’est que j’ai mis du henné colorant, donc avec du henné il faut minimum 1 heure de pose sinon on risque d’avoir des petits reflets verdâtres. Tu te doutes que je n’vais pas regarder pousser l’herbe pendant une heure.
Donc à 18h15 je pars rincer tout ça, cela fait donc environ 1h15 de pose.

Hé, au fait : le truc avec le tofu c’est de le faire revenir avec de la sauce soja (sucrée ou non). Tu vois, tu passes alors d’un machin sans goût à un quelque chose de fabuleux. Cuisine magique.


Le ricin...

Comment on fait?

D'abord, on s'assure d'acheter de la bonne poudre, avec QUE des plantes ou de la terre dedans. Aucun produit additionnel. Si la composition n'est pas clairement écrite sur le sachet, fuyez! Pourquoi est-ce important? Outre l'aspect écologique, cela vous assure de ne pas avoir des résultats, disons... aléatoires.

Il vous faudra:

❧ Votre poudre (vous pouvez en mélanger plusieurs)
❧ De l'eau chaude mais pas trop (pour ne pas se brûler la tête quand on appliquera le schmilblick)
❧ Un récipient pour faire votre tambouille (tout ce que vous voulez mais pas du fer, car cela pourrait interagir avec les principes actifs de la poudre)
❧ Un truc pour remuer votre bouillon de sorcière (toute les matières sont OK sauf le fer)


La texture doit ressembler à ça, n'ajoutez pas la flotte trop vite
Bon, ensuite, vous appliquez ça comme vous voulez (sérieusement!).
Perso, je commence toujours par en tartiner sur les racines déjà visibles, puis après j'essaye d'en mettre sur celles qu'il y a en-dessous. Après je descend vers les longueurs.

Si vous étiez le genre de gamin à aimer jouer dans la boue, vous allez être servi!
De la terre, des plantes, tout ça réduit en poussière et ajoutez-y de l'eau, je vous la donne en mille:

Bonjour,

Gaïa! 


Pour les sorcières urbaines, ça fait du bien de pouvoir se reconnecter un peu à celle qu'on appelle « La mère ». Comme toujours, vous pouvez faire tout ces gestes mécaniquement, ou bien vous pouvez y insuffler un zeste de magie. Vous pouvez être pressé d'en finir, ou bien vous pouvez apprécier ce moment. Que choisissez-vous?

J'ai un peignoir exprès pour les "poudres qui tachent". Et puis avec toute cette bouillasse dans les cheveux, ils tiennent tout seuls en chignon (ou bien je peux rajouter un chouchou, pour être sûre). Du coup, pour peu que je ne sorte pas de chez moi, je peux faire absolument ce que je veux en attendant que ça ai finit de poser.

On peut aussi emballer sa tête dans du cellophane (stp pas le visage, tu m'as comprise). L'avantage c'est qu'on est sûr que ça ne coulera pas (mais bon, le truc durcit sur ta tête donc de toute façon ça ne coule pas trop) et en prime ça garde la chaleur. Cette chaleur va permettre aux principes actifs des poudres d'agir plus rapidement.

Un dernier truc: Le henné, surtout le roux, colore super bien. En revanche, avec le blond, ne vous attendez pas à des miracles: le henné n'éclaircit pas, puisqu'il recouvre simplement le cheveux. Le henné blond peut vous donnez des reflets différents, voir vous faire passer d'un blond cendré à un blond doré, mais c'est tout.

Assez de blabla. 
Vous voulez voir ce que ça donne?






Finit le ricin.












Finit les racines grasses.












Des racines un poil plus dorées.


Youpi!






lundi 3 avril 2017

Les épiques aventures de l’égo (partie 2)


[Il fut un temps durant lequel tout n’était que poussière. Les formes apparaissaient dans ce chaos, brèves entrevues violentes et floues, disparaissaient comme elles étaient nées. Des combattants. Des guerriers. Mais nous ne pouvions pas continuer ainsi éternellement. Car la stagnation est la seule vraie mort.]

Les épiques aventure de l’égo (partie 2)

( La première partie se trouve ici. )

Ici, on suit les aventures de ton égo. La dernière fois, je t'avais dit que l'égo c'était "Satan" et "le fils" à la fois. Mais au jour le jour, on s'identifie presque toujours au fils. Voici donc son histoire. 

Alors que j’en étais venu à oublier la raison d’être de cette barrière, je l’enjambai. Je voulais découvrir ce qu’il y avait de l’autre côté. Mais je me ravisai bien vite : il n’y avait rien. Le désert. Je retournai chez moi, tournant le dos à mes envies d’aventure, quand une créature vile attrapa mes épaules, sautant sur mon dos, me faisant chuter. Puis, il disparut.

J’avais laissé la porte ouverte, et ce soir les monstres étaient de sortie.

« Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s'est attachée à nos pieds; 
sachez cependant que le royaume de Dieu s'est approché. »
Luc 10 :11

Alors je compris que ce désert était une illusion, un enchantement. La vraie barrière était celle-là: elle avait failli me faire croire qu’il n’y avait rien, rien d’autre que de la poussière. J’allais y retourner, et j’allais trouver l’origine de ces démons. Je savais maintenant que Satan m’y attendait, quelque part.

« Et aussitôt l’Esprit le pousse dans le désert. »
Marc 1 :12

Je n’avais rien préparé, j’y étais allé avec moi-même pour seule ressource, peut-être était-ce pure folie. J’ai simplement suivit cette voix dans les tréfonds de mon esprit. Cette sensation qui meut mon corps.

Je pars en guerre mais je n’ai aucune armée. Les anges sont loin derrière moi, maintenant. Evidemment ! Trop purs ! Ils ne peuvent pénétrer en ces terres. Moi seul, humain, peut me rendre en enfer et y revenir. J’espère au moins que les chansons qui raconteront ça seront de bon goût.

Tout ça pour l’Épice!
Je croyais que mon audace forcerait les démons à se montrer, mais j’ai juste marché 40 jours, m’écroulant de fatigue par moment, puis me relevant, continuant à m’enfoncer dans cet enfer aride qui aura sans doute raison de moi. Comment faisaient les guerriers de Dune, déjà ? Pourquoi les anges ne me donnent-ils pas une combinaison adaptée, quand je fais ce genre de truc ?

Et il finit par faire demi-tour au bout de trois jours, mais en rampant, ça allait forcément moins vite.

J’ai survécu mon Dieu, et je ne sais pas comment. Si ça ce n’est pas un miracle ! 
40 jours, nom d’un chien, combien le corps humain contient-il d’eau ??
Maintenant tout le monde va me demander ce que j’ai fichu et pourquoi je suis allé risquer ma vie là-bas. Pas évident d’être un outsider. Les gens vous regardent de travers, dans la rue. Et vos amis comptent d'autant plus sur vous. Le problème, c’est que je suis revenu broucouille, comme on dit dans le Bouchonnoy. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ? 

« Je vous jure, un truc m’a attaqué par derrière, 
j’suis sûr qu’il y a des monstres là-bas ! »
Jésus, jeunes années

Non. Ils vont certainement être très déçus si je leur dit que je n’ai même pas rencontré Satan. Si je leur dit simplement que j’ai survécu, ils ne verront pas en quoi c’est un miracle de Dieu. Hm…

« Alors Jésus fut emmené dans le désert par l'Esprit, pour être tenté par le Diable.
Et ayant jeûné 40 jours et 40 nuits, après cela il eut faim.
Et le tentateur, s'étant approché, lui dit: 
Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains.
Mais lui, répondant, dit: 
Il est écrit: «L'homme ne vivra pas de pain seulement, 
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu»»
Mathieu 4 :1


(Il n’est pas simple d’aller à la rencontre de ses parts d’ombres. Ce sont des parts blessées avant tout. Et que fait un animal blessé ? Il se cache, il fuit, il se protège. Il ne se laisse pas facilement approcher, et peut mordre s’il pense qu’on constitue un danger pour lui. En fait la première chose à faire si on veut réunifier toutes les parts de soi, c’est montrer patte blanche.
La guerre ne fonctionne pas.
Ça ne fonctionne tout simplement pas ! En y allant comme une brute épaisse, vous allez :
1)      Vous faire du mal
2)      Rentrer bredouille, ou alors avec un résultat qui sera de la poudre aux yeux, une sorte de bien-être superficiel et temporaire.
3)      Renforcer vos illusions quant à la vraie nature de l’égo.)


Je suis un peu déçu moi-même, il faut l'avouer. Que faire?

Et il passa des heures sur un rocher en se posant la question. Les anges lui disant: « On est là, nous, on savait pas pour la combinaison, la prochaine fois utilise la loi d'attraction, on te fera venir ça ». 
L'Esprit disant: « Trust yourself, son of God », tout en bourrinant les intestins de Jésus de sa sainte parole.
Jésus ruminait.

Tu parles d'une guidance! On dirait qu'ils ne comprennent pas mes problèmes. Ils ne vivent pas ce que je vis.

Après quelques verres de rouge, il eut une illumination.

Je sais! Il me faut une dream team. Seul un humain peut aller en enfer, hein ? Bon. Et puis c’est qui le mec charismatique de l’histoire, hein ? Bon. J’vais vous montrer ce que Jésus peut faire !

Et il retroussa ses manches, conscient que vous êtes en train de lire cet article.

« Et comme il marchait le long de la Mer de Galilée, il vit deux frères, Simon appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs;
Et il leur dit: Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes.
Et eux aussitôt, ayant laissé les filets, le suivirent.
Et, passant de là plus loin, il vit deux autres frères, Jacques le [fils] de Zébédée, et Jean son frère, dans le bateau avec Zébédée leur père, réparant leurs filets; et il les appela;
Et eux aussitôt, ayant quitté le bateau et leur père, le suivirent. »
Mathieu 4 :18

Ciel, j’adore ce superpouvoir. Je vais faire la tournée des synagogues et faire le buzz en Galilée, si Dieu le veut. 
Dieu, tu veux ? 

Et le ventre de Jésus bourdonna.

Il veut.

« Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l'évangile du royaume, et guérissant toutes sortes de maladies et toutes sortes de faiblesses parmi le peuple.
Et sa renommée se répandit dans toute la Syrie; et on lui amena tous ceux qui se portaient mal, qui étaient affligés de diverses maladies et de divers tourments, [et] des démoniaques, et des épileptiques, et des paralysés, et il les guérit.
Et de grandes foules le suivirent, venant de la Galilée, et de la Décapole et de Jérusalem, et de la Judée, et de l'autre côté du Jourdain. »
Mathieu 4 :23

Oh my god, j’ai tellement de fan. Je ne peux plus continuer à bitcher comme si de rien n’était. J’ai traversé tout le pays et je sais de quoi il souffre. Je crois qu’il est temps de me servir de ma renommée pour faire un discours humanitaire.

(Je vous invite fortement à écouter ce discours, 
il ne rend cette histoire que plus épique.)

« Or, voyant les foules, il monta sur la montagne; 
et lorsqu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui;
et ayant ouvert la bouche, il les enseignait, en disant:
Bienheureux les pauvres en esprit, car c'est à eux qu'est le royaume des cieux!
Bienheureux ceux qui pleurent1, car c'est eux qui seront consolés!
Bienheureux ceux qui sont doux, car c'est eux qui hériteront de la terre1!
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car c'est eux qui seront rassasiés!
Bienheureux les miséricordieux, car c'est à eux que miséricorde sera faite!
Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c'est eux qui verront Dieu!
Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c'est eux qui seront appelés fils de Dieu!
Bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c'est à eux qu'est le royaume des cieux! »
Mathieu 5 :1

Et la foule était en délire, sur la colline et au-delà.
Ce n'est pas demain la veille qu'on oubliera ce discours, c'est moi qui vous le dis.

Je ne pourrai plus jamais faire marche arrière. J’espère simplement… avoir vu juste.
Et que l’Esprit ne me quitte jamais, pendant que je ferais ce qu’ils croient tous que je vais faire.

...Et que la mort me prenne, si je n’y parviens pas.




(La suite au prochain épisode...)






Une vie de sorcière



Peut-être voudrais-tu que je te parle un peu plus de ma vie. Que je fasse ce genre d’article tout simple, pour entrecouper deux « gros morceaux » (comme ce que j’avais fait pour parler de la wicca, ou celui qui commence cette grosse série qui parle de l’égo).

Oui, un article tout simple, peut-être pour raconter un peu comment se passe une vie de sorcière. Nous manquons d’exemples, je crois, nous manquons souvent d’inspiration pour « sorcièriser » nos vies, et le résultat peut ressembler à quelque chose qui est trop surfait, trop calqué sur une image qui ne peut être la réalité d’un humain authentique. Parce que je ne crois pas aux quotidiens rangés, ni aux vies Tumblr.

Beaucoup de chaos ici, mais surtout dans ma tête. Dans le bon sens du terme.  Ce week-end, pendant que je parlais avec le chat (mon amoureux, je n’ai malheureusement pas d’animal chez moi) j’ai réalisé à quel point certains mots de mon vocabulaire avaient pu changer de couleur, depuis que j’ai commencé à transformer ma vie. Je veux dire… Je ne ressens plus ces mots de la même façon, et par moment ça me donne l’impression d’être à côté de la plaque, ou que la personne en face est à côté de la plaque, car nous utilisons les mêmes mots pour des sentiments opposés. Par chance nous avons à peu près « les même couleurs » pour « les même mots », le chat et moi.

Chaos, bizarre, sauvage, anarchique, flou, fouillis, étrange, tordu, chargé (de couleurs, de trucs et de bidules), brut : tout ça sont des compliments. De vrais compliments, j’entends, pas d’équivoque !
Et puis : normal, rangé, gentil, sobre, propre, mesuré, tout ce qui est l’équivalent de « fine » en français, c’est comme si ces mots étaient devenus des symboles de décadence.

Bien sûr, ce ne sont que des mots. Mais je crois à la magie des mots. Je crois que l’on peut transformer sa vie en changeant notre regard sur des mots, ou en changeant notre vocabulaire.

Avec du recul, cela me fait beaucoup penser à ce qui a rendu si célèbre la famille Addams, avec leur fascination pour le morbide. Je n’en suis pas là. Je ne crois pas que j’appellerais mon futur enfant « Répugnant » ou « Morve desséchée », si tu vois ce que je veux dire. Mais je crois qu’elle a raison, la famille Addams, quand elle trouve son bonheur et son amour en incarnant du positif dans ce qui semble négatif.

Aujourd’hui j’ai prévu de nettoyer mon autel. Laver quelque chose est toujours un acte magique, on peut parler de purification. Cela peut concerner la vaisselle ou son propre corps, mais quand il s’agit du petit lieu sacré de mon appartement, j’en fais un genre de rituel, un peu plus élaboré. C’est la raison pour laquelle mon autel est souvent sale et poussiéreux : je ne le nettoie pas n’importe comment. Je fais brûler du benjoin et je prends le temps. D’abord, je dépoussière chaque objet un par un, en me connectant émotionnellement à lui lorsque je le prends dans mes mains. Je suis dans cet état d’esprit où je « prends soin », je me remplis de ce sentiment et je communique ça dans mes gestes. Tour à tour je nettoie et pose par terre tous ces objets pendant que l’encens se consume. Je peux mettre de la musique, en même temps, pour me mettre dans une ambiance païenne voire wiccane. Une fois cela fait, je dépoussière la petite table. A ce stade, le benjoin a fini de brûler (pour le benjoin, j’utilise des sorte de petits cailloux de résine que je pose sur du charbon ardent, généralement cela ne met pas longtemps à se consumer entièrement). Puis j’allume un bâton d’encens, qui sera plus long à se consumer. L’ensemble de ce petit rituel est fait la fenêtre ouverte, parce que le benjoin enfume tellement l’appartement que l’air en serait irrespirable, sinon. Puis je pose, un à un, chaque objet, sans essayer de les remettre comme avant. En fait je laisse l’objet me dire où il veut être placé, je laisse parler mon inspiration et mes sensations. Je termine en allumant une bougie blanche.

C’est une journée placée sous le signe de la lenteur, car je travaille mon ancrage (encore ! eh oui !). L’idée c’est de prêter attention le plus régulièrement possible à : « Où est mon esprit ? ». Est-il dans mon corps, est-il ici, maintenant, ou est-il en train de vagabonder au passé ou au futur ? Il est plus facile pour moi de maintenir mon esprit dans mon corps et non dans mon imaginaire quand je lève le pied, quand je ralentis. Quand je pose vraiment chaque acte avec en tête cette qualité de présence que représente l’ancrage à la terre, l’ancrage dans l’incarnation.
J’ai décidé que j’allais aussi prendre soin de mon corps, car c’est quelque chose que je fais peu et pas assez bien à mon goût. Je ne suis pas du genre à me fondre quasi-quotidiennement dans la superficialité, je comble mon besoin de beauté autrement. Ça peut m’arriver, parfois, de vouloir me maquiller et bien m’habiller, mais c’est assez rare au final. J’aime bien n’en avoir pas grand-chose à faire. Ce n’est pas si facile qu’il n’y parait parce que ça demande une certaine confiance en soi. Mais s’efforcer d’oublier à quoi on ressemble permet de renforcer la confiance en soi, je trouve. Avant, je ne pouvais sortir si mes cheveux n’étaient pas parfaitement lissés, mes yeux cernés de khôl et ma tenue suffisamment satisfaisante. En fait, j’étais constamment obsédée par ma coupe de cheveux et mon image, je n’étais pas bien si j’avais l’impression qu’un petit truc dépassait ça et là. Il n’y a pas meilleur moyen de perdre son ancrage. Aujourd’hui je sors avec les cheveux en bataille, et puisque toutes les mèches dépassent de partout, alors aucune ne dépasse. Au final, personne ne me fait de remarque, et je devine que depuis toujours je me prenais la tête pour rien au sujet de mon apparence.

En fait, si, je me suis déjà pris quelques remarques (pas trop méchantes), mais j’avais déjà pu constater les bienfaits de cet état d’esprit, alors elles n’ont pas eu beaucoup d’impact. Je suis mieux dans ma peau ainsi, et je crois qu’une personne qui est bien dans sa peau fait de la meilleures magie, quoi qu’on en dise.

Du coup je vais… Je ne sais pas, laver mes cheveux avec de la poudre d’ortie et mettre de l’huile d’olives sur mes jambes et mes bras. Quelque chose du genre ?

Pour avril, je me suis fixée de sortir me balader au moins une demi-heure par jour, même s’il fait moche ou froid. Déjà parce que c’est agréable et que ça va me renforcer, mais en plus ça va me fournir une motivation positive pour arrêter de fumer. Quand je marche et que c’est si beau et que j’ai envie de courir partout, je sens les limites de mes poumons qui n’en peuvent plus, et là je me dis : « Ok, j’ai une raison très concrète de désencombrer tout ça. Si à ma prochaine balade je veux sentir que mon corps est plus facile à transporter, alors je vais changer ma façon de faire. »
Sortir tous les jours va, je l’espère, graver cette sensation en moi, et m’encourager dans ma démarche. Je VEUX être en forme. Je veux être capable de grimper et jouer comme un enfant. Je veux pouvoir profiter de la nature et de tout ce qu’on peut faire en tant qu’humain, et ce même à 40 ans passés. Et ça commence avec aujourd’hui.

En rentrant je pense que j’aurais envie de me faire une bonne tisane chaude, du genre tisane au thym ou pissenlit-fenouil. J’aimerais tellement avoir un jardin pour faire pousser de l’ortie, du thym, du pissenlit et de la fenouil. A défaut j’achète ça en supermarché, et c’est déjà très bien. Je veux dire : ça a bon goût, et puis ma vie est si luxueuse, je peux me permettre tellement de choses. Comme flemmarder devant une série avec une tisane, après une bonne balade. Je ne suis plus autant série-vore qu’avant, mais quand je le fais, je me sens vraiment chanceuse. C’est merveilleux de pouvoir se permettre de faire des choses futiles de temps en temps.

Je suis dépourvue de routine, le quotidien occidental est pour moi une utopie que je savoure en mettant progressivement en place quelque chose de différent, quelque chose de durable. Le luxe d’un chauffage et d’un toit sur la tête, de ces murs qui garantissent mon intimité et de ces placards constamment remplis de nourriture me mettent souvent les larmes aux yeux parce que je me sens bénie.

C’est la base de ma vie de sorcière urbaine.

Des bisous !

PS: En rentrant, j'ajouterai sûrement des photos de ma balade à cet article...


Viens faire un tour dans mon paysage émotionnel pour te réconcilier avec les éléments feu et air: